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ChasseSuisse

Chères chasseresses, chers chasseurs,

L’année tire à sa fin et 2019 arrive à grands pas. L’année cynégétique 2018 nous a réservé de nombreux événements intéressants à la chasse. L’année a également été mouvementée sur le plan de la politique cynégétique.

La révision partielle de la loi sur la chasse vise à créer la base juridique pour ne pas prélever de grands prédateurs seulement en cas de dégâts importants sur les animaux domestiques mais aussi pour réguler les populations de grands prédateurs s’ils dépassent une densité supportable pour l’homme, les animaux domestiques et la faune. Les cantons doivent ici bénéficier de la marge de manœuvre nécessaire. Le Conseil des États a salué pour l’essentiel la révision.

Le Conseil national traitera ce dossier durant le semestre hivernal 2018/19. Nous pensons qu’il faut encore procéder à des ajustements au niveau de la promotion des mesures en faveur des espaces vitaux. En outre, la loi doit continuer à autoriser les locataires de la chasse dans les cantons à fermage à secourir les animaux accidentés et, si nécessaire, à les délivrer de leurs souffrances.

Les grands prédateurs restent protégés et ne seront pas chassables, contrairement à ce que certains prétendent fréquemment. Les interventions dans les populations devront encore être autorisées à l’avenir. Il faudra consulter l’État fédéral et les décisions sont soumises à la voie judiciaire. Même si le Conseil national se conforme à la ligne directrice du Conseil des États, la régulation des espèces protégées doit répondre à des critères stricts.

Les organisations de protection de la nature et les organisations de protection animale ont menacé d’organiser un référendum alors que les délibérations n’étaient même pas encore engagées. Ces organisations luttent en particulier contre les compétences élargies des cantons, consistant à pouvoir si nécessaire réguler le lynx, le castor et d’autres espèces protégées. Mais notre sondage sur la chasse atteste que la grande majorité de la population évalue la façon de traiter les grands prédateurs de façon très pragmatique.

Après la modification de la loi sur la chasse, il faudra également adapter l’ordonnance sur la chasse OChP. Outre les ajustements nécessaires requis par la loi, ChasseSuisse exige des simplifications pour l’utilisation d’auxiliaires comme les appareils de visée nocturne pour la chasse au sanglier et les silencieux. Une pression de chasse supplémentaire (accrue) est exigée en raison des dégâts importants dans le domaine de l’agriculture dans certaines régions de Suisse et de la menace de la peste porcine africaine PPA. Nous rejetons une interdiction de la munition au plomb, même si nous saluons et contribuons à promouvoir l’utilisation de munition sans plomb. Le point de jonction entre le droit sur la chasse et le droit sur la protection animale doit être défini clairement. La loi sur la chasse doit régler de façon définitive la recherche au sang, l’emploi de chiens et le coup de grâce pour le gibier blessé.

Les opposants à la chasse sont certes une minorité mais en matière de protection des animaux, il règne une sévère concurrence pour la collecte de dons. La protection des animaux est de plus en plus fréquemment étendue idéologiquement et émotionnellement au droit des animaux, au bien-être animal, à l’éthique animale et à bien d’autres choses encore. Des organisations internationales concentrent leurs activités sur les pays à fort pouvoir d’achat. Cet été, Carol Koch avait écrit dans le journal NZZ: « Cette année, des milliards de francs ont été récoltés pour sauver des espèces menacées. Mais seules quelques espèces en profitent. Des milliers d’autres disparaissent sans que personne n’en prenne note. Comment en sommes-nous arrivés à ce racisme envers certains animaux? Les stratégies marketing et l’apparence sont souvent décisives pour savoir ce qui va être sauvé. » Le journal allemand « Die Welt » a décrit le modèle commercial des organisations de protection en se basant sur l’exemple du loup: « le loup est comme une machine à sous. Un modèle commercial vert, qui transforme l’idéologie en millions de dons et d'impôts, qui porte des fonctionnaires de la protection à des postes gouvernementaux et qui finance des instituts d’observateurs professionnels pour les loups. Critiquer cette situation, voire même seulement faire état de doutes est quasiment considéré comme un crime contre l’environnement. » L’exploitation des animaux par l’homme est de plus en plus critiquée, ce qui ne concerne pas seulement l’agriculture et la chasse. Maintenant, même les chevaux de selle, animaux domestiques, chiens policiers et chiens d’aveugle sont la cible des défenseurs extrêmes des animaux.

Dans cet environnement, les modes de chasse traditionnels comme la chasse au terrier et la chasse collective sont combattus au niveau politique et on réclame une régulation excessive, voire même leur interdiction. Mais la chasse est bien davantage que la lutte contre les nuisibles. Si la chasse ne peut plus être exercée que pour endiguer les dégâts occasionnés aux cultures, aux jeunes peuplements forestiers et aux infrastructures, elle perdra ses traditions et sa culture. La chasse, c’est une passion, le plaisir de la nature et l’exploitation de ressources naturelles. Même si nous n'exerçons pas nous-mêmes un certain type de chasse, nous devons nous engager pour sa préservation. Il en va de la sauvegarde d’une chasse exercée durablement, conformément aux principes éthiques et avec toutes ses facettes traditionnelles.

La peste porcine africaine PPA inquiète actuellement les éleveurs de porcs d’élevage et d’engraissement. Étant donné que les sangliers sont porteurs de cette maladie virale, on exige de la chasse qu’elle aide à endiguer la progression de la maladie avec des activités de chasse accrues. À ce jour, seul un cas a été recensé en Belgique pour l’Europe de l’Ouest. Les experts pensent que l’homme est le principal responsable de la propagation de la PPA. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires OSAV a pris différentes mesures pour limiter les risques.

Dans la « notice pour les chasseurs sur la PPA », l’OSAV a indiqué ce que les chasseurs peuvent faire pour contrer cette épizootie. L’examen de cadavres de sangliers, de tirs sélectifs et d’animaux accidentés joue un rôle important pour la détection précoce d’une épizootie de PPA. Une chasse intensive contribue à réduire le risque. Aidons à éviter la PPA en Suisse dans la mesure du possible. Même si cette épizootie n’est pas dangereuse pour l’homme, elle aurait des conséquences énormes pour les éleveurs de porc ainsi que pour les entreprises de traitement et de distribution en amont.

La Fédération de tir sportif SSV a décidé d’organiser un référendum contre la reprise de la directive européenne sur les armes dans la loi suisse sur les armes. La Communauté du tir suisse CIT s’est jointe à cette décision. En tant que membre de la CIT, nous soutenons cette décision mais nous ne participons pas à la collecte de signatures. Les sections cantonales sont libres de décider si elles souhaitent participer à la collecte de signatures.

Le succès de la votation des chasseurs zurichois a été plus que réjouissant. Grâce à un engagement personnel et financier exemplaire, ils ont convaincu la grande majorité des votants que la chasse en milices prend ses tâches au sérieux, qu’elle exerce la chasse conformément au droit sur la protection animale et dans les règles de l’art et que la chasse en milices est nécessaire. Plus de 83% des votants se sont ralliés à leurs arguments et ont massivement rejeté l’initiative « Gardes-faune au lieu de chasseurs ». Ce résultat correspond pratiquement exactement aux résultats du sondage de cette année sur l’avis de la population concernant la chasse. L’exposition spéciale « À la rencontre de la nature – Chasse et biodiversité » a remporté un franc succès à l’occasion de l’OLMA 2018. L’engagement des chasseresses et chasseurs pour la nature est perçu de façon positive et la chasse est acceptée. Ne nous laissons pas décourager par une petite minorité. Engageons nous en public pour une chasse libre et populaire sans réserve!

Sur ces mots, je souhaite à toutes les chasseresses et à tous les chasseurs de passer de joyeuses fêtes, une bonne année et beaucoup de gibier pour 2019. Bonne chasse à tous!

 

Hanspeter Egli, Président de ChasseSuisse



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